mardi 7 octobre 2014

"La France ne peut être la France sans la grandeur." Charles De Gaulle (mémoires de guerre: l'appel)

Aujourd'hui, en ouvrant  un livre de De Gaulle qui dormait dans ma bibliothèque, je tombe sur les premiers mots du chapitre de "l'Appel". Et tout de suite mon cœur s'embrase! Je comprends immédiatement que De Gaulle ne fut pas seulement un grand homme d’État, mais aussi, un écrivain de génie.
Oui! Il faut être un génie de l'écriture pour que votre lecteur soit immédiatement emporté par les mots qui vous transportent au-delà de votre petite destinée, parfois médiocre, vers un destin collectif grandiose et sublime!
Si la France ne peut-être elle-même sans la grandeur, je vous laisse imaginer le triste sort qui est le sien, aujourd'hui.
Ne nous laissons pas envahir par le défaitiste comme nos parents en 1940. Mais recherchons dans les paroles flamboyantes de notre grand aîné, l'espoir qui remettra en selle ce toujours grand et glorieux pays:
LA FRANCE.
Lisons-le avec respect: 



Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France. Le sentiment me l’inspire aussi bien que la raison. Ce qu’il y a, en moi, d’affectif imagine naturellement la France, telle la princesse des contes ou la madone aux fresques des murs, comme vouée à une destinée éminente et exceptionnelle. J’ai d’instinct, l’impression que la Providence l’a crée pour des succès achevés ou des malheurs exemplaires. S’il advient que la médiocrité marque, pourtant, ses faits et gestes, j’en éprouve la sensation d’une absurde anomalie, imputable aux fautes des Français, non au génie de la patrie. Mais aussi, le côté positif de mon esprit me convainc que la France n’est réellement elle-même qu’au premier rang ; que, seules, de vastes entreprises sont susceptibles de compenser les ferments de dispersion que son peuple porte en lui-même ; que notre pays, tel qu’il est, parmi les autres, tels qu’ils sont, doit, sous peine de danger mortel, viser haut et se tenir droit. Bref, à mon sens, la France ne peut être la France sans la grandeur.